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Quelle est la fiabilité des tests pour diagnostiquer la fièvre Q ?

L’Anses, VetAgro Sup et INRAE viennent de publier une étude comparant les performances des trois tests commercialisés pour détecter cette infection chez les animaux. Leurs travaux, réalisés en collaboration avec la Fédération nationale des groupements de défense sanitaire (GDS France), le CNRS et l’Institut de l’élevage (IDELE), permettront de mieux interpréter les résultats obtenus, pour un meilleur dépistage de la maladie.

Cette étude a été réalisée dans le cadre de la thèse de doctorat de Thibaut Lurier (VetAgro Sup) et a mobilisé deux unités de recherche au sein de VetAgro Sup :  l’UMR EPIA (VetAgro Sup/INRAE) et l’UsC RS2GP (VetAgro Sup/INRAE).

La fièvre Q est une maladie provoquée par la bactérie Coxiella burnetii, qui affecte de nombreuses espèces animales dont les bovins, les ovins et les caprins et peut être transmise à l’Homme. L’infection des animaux a des conséquences économiques, puisqu’elle peut provoquer des avortements. Chez l’Homme, on estime que la maladie se déclare dans environ 40% des infections. Elle peut alors provoquer un syndrome grippal sévère, avec possibilité de complications hépatiques ou pulmonaires pouvant conduire à des hospitalisations. Elle peut également se manifester chez environ 2% des personnes infectées sous forme chronique et être à l’origine d’hépatites, de pneumopathies et d’endocardite. Il est donc important de surveiller l’infection dans les élevages de ruminants, pour freiner sa propagation et éviter la transmission à la population humaine. Une étude vient d’être publiée dans la revue Veterinary Research, qui compare les performances des trois tests sérologiques commercialisés pour diagnostiquer l’infection chez les ruminants. Elle a été conduite dans le cadre d’une thèse, qui est le fruit d’une collaboration entre VetAgro Sup, INRAE et l’Anses. La Fédération nationale des groupements de défense sanitaire (GDS France), le CNRS et l’Institut de l’élevage (IDELE) ont également participé à ces travaux.

 

Des performances différentes selon les tests et les espèces
Il s’agit de tests Elisa, qui détectent la présence d’anticorps contre la bactérie dans le sérum des bovins, ovins et caprins testés. Cette comparaison a permis de mettre en évidence que les trois tests ont une spécificité élevée, c’est-à-dire qu’ils identifient correctement les animaux sains. En revanche, leur sensibilité, qui est la capacité à détecter de façon fiable les animaux porteurs d’anticorps contre la bactérie, est plus faible et varie selon les tests et les espèces (entre 39,3% et 93,8%). Les scientifiques ont également défini le nombre optimal d’animaux à tester pour dépister l’infection à l’échelle des troupeaux. Selon le test et l’espèce, celui-ci varie de trois à plus de vingt. Suite à cette étude, il est prévu de développer une application, pour aider les laboratoires d’analyse à interpréter la fiabilité des résultats et donc la probabilité que le résultat positif ou négatif obtenu pour un animal soit exact.