Les maladies virales des abeilles





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Ce site a été conçu par Ariane Chamoin et Thomas Jacquel élèves en deuxième année de l'école vétérinaire de Lyon (VetagroSup, campus vétérinaire) dans le cadre d'un travail de virologie encadré par le Pr. Angeli KODJO

Réalisation du site : Ariane Chamoin.


Il présente la grande majorité des virus affectant l’abeille domestique, en se concentrant plus particulièrement sur l’abeille européenne Apis mellifera. On détaillera autant qu’il est possible la taxinomie, l’épidémiologie et le mode de transmission, les symptômes observables, la gravité de l’infection et la conduite à tenir.
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Introduction :

           

L’étude des virus chez l’abeille est particulièrement difficile pour plusieurs raisons. D’une part, les abeilles ne constituent pas forcément une priorité pour recevoir des financements de recherche, quoique l’opinion publique y soit de plus en plus sensible. D’autre part, des problèmes techniques se sont longtemps posés et se posent encore : la culture des virus n’est aisée que sur des abeilles vivantes, ce qui rend l’isolement plus complexe. De nombreux virus sont peu pathogènes voire apathogènes pour certains, et de nombreux individus sont porteurs asymptomatiques, le virus ne révèle alors son pouvoir pathogène que lorsque l’abeille est affaiblie. Enfin, on assiste souvent dans les conditions naturelles à des infections multiples, ce qui rend l’étude du pouvoir pathogène spécifique de chaque virus encore plus difficile.

 

   Néanmoins, les études d’infection et de sérologie, la microscopie électronique et plus récemment l’étude des génomes viraux a permis de mieux comprendre la structure et le rôle des virus.

 

   Il est apparu que la plupart des virus sont à A.R.N. (Acide Ribo Nucléique) positif, c’est-à-dire traduit directement par la cellule hôte, simple brin et non enveloppés, ce qui les rapproche de la famille des Picornaviridae. Ils s’en distinguent cependant par l’organisation de leurs gènes. L’établissement d’une taxinomie fiable reste néanmoins difficile et de nombreux virus demeurent non classés. Deux virus à A.D.N. (Acide Désoxy Ribo Nucléique) existent également.






Les virus
 

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Classification


Virus à ARN

Sacbrood Virus (SBV)

Chronic Paralysis Virus (CBPV) et son virus associé

Virus de la cellule royale noire (BQCV)

Cloudy wings virus (CWV)

Acute paralysis virus (APV)


Virus Y

Honeybee virus Israel (HVI)

Virus à ADN

Apis iridescent virus (AIV)

Virus filamenteux 


Pour plus d’informations : http://www.coloss.org/beebook/II/virus/table-1



Virus à ARN


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Sacbrood virus (SBV) : Maladie du couvain sacciforme


Classification : Picornaviridae, super-famille des picornavirus-like, genre Iflavirus

Géométrie : 28 nm, sphérique ARN simple brin +

Epidemiologie : La transmission se fait par les ouvrières lors du soin aux larves. C’est un virus très contagieux, mais très fragile dans le milieu extérieur.


Symptômes :

Couvain :

-Les larves ne sortent pas et restent operculées.

-Le tégument des larves s’affermit avec infiltration liquidienne (le virus détruit les cellules épidermiques de la larve qui ne peut plus produire suffisamment de chitinase et reste donc coincée dans son exuvie) : larves droites (contagieuses)

-dessèchement des larves qui prennent une coloration jaune puis brune, notamment au niveau de la tête et du thorax : larves desséchées en « barque » noire, facilement détachable

-nombreux alvéoles vides percés et nettoyés par les ouvrières : couvain en mosaïque






Est pathognomonique mais peut être confondu avec la loque
   Larve atteinte par le virus                                       Test de l'allumette sur une larve atteinte de la loque



Faire le test de l’allumette : on insère une brindille ou une allumette dans un alvéole et si un long fil brun est visible en la retirant, on est en présence de la loque américaine.



Adultes :

-faible résistance au froid
-arrêt des soins aux larves
-butinage plus précoce mais moins efficace
-arrêt précoce de consommation de pollen chez les jeunes
-Ressemble à un vieillissement accéléré

Diagnostic clinique et sérologique par analyse de prélèvements du couvain pour diagnostic différentiel avec la loque
Mortalité en général faible (plus marquée en hiver). En général la résolution est spontanée.


                                                                      

                                   Couvain normal                                                     Couvain en mosaïque

  

Traitement et prévention :
Surveiller l’alimentation. On peut éventuellement détruire la colonie si elle est trop affaiblie. Renouvellement régulier (annuel) des cadres du corps de la ruche.

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Chronic Paralysis Virus (CBPV) et son virus associé : Maladie de la paralysie chronique


Classification : Picornaviridae, il existe différentes souches  sérologiquement indiscernables.  Son virus associé le CBSPV: « présence d’une particule virale associée au CBPV : le CBPSV. Cette particule, de forme sphérique, mesure environ 17 nm de diamètre. Elle renferme un génome qui serait composé de 3 ARN simple brin positifs d’environ 1 100 bases chacun. Bien que des ressemblances aient été observées par empreinte génétique  le CBPV et le CBPSV seraient sérologiquement différents. Le CBPSV est classé comme virus satellite et constitue à lui seul le sous-groupe nommé chronic bee-paralysis associated satellite virus » [1]

Géométrie : « Sa capside serait composée d’une seule protéine de 23,5 kDa  et son génome de 5 ARN simple brin positifs : deux ARN majoritaires (l’ARN 1 d’environ 4 200 bases et l’ARN 2 d’environ 2 800 bases) et trois ARN minoritaires »(d’aprèsV Olivier, M Ribière , Afssa Sophia, 105 route des Chappes, 06902 Sophia Antipolis).

Épidémiologie : Portage asymptomatique fréquent et à des niveaux indétectables. La transmission se fait par voie digestive et est favorisée par la trophallaxie.


Symptômes:
L’expression des symptômes a lieu en cas de :

-surpopulation dans le rucher (mauvais temps)

-surdensité sur un même site de récolte

-infection par Varroa

L’action pathogène du virus se manifeste s’il y a effraction cutanée, dont le risque augmente avec le densité de population et avec la présence de l’acarien.



Syndrome paralytique (forme 1)

Aussi appelé maladie des petites noires, mal de mai, mal des forets, maladie de l'île de Wight

- tremblement des ailes et du corps

- incapacité au vol : formation de grappes d’abeilles à l’entrée de la ruche

- abdomen dilaté

-excréments dans la ruche

-ailes partiellement déployées

Maladie noire (forme 2)

- les abeilles peuvent encore voler au début

- les saines repoussent les malades : agitation au trou de vol

- les abeilles présentent une alopécie, c’est-à-dire une perte de poils leur donnant un aspect noir brillant ; on a l’impression que leur taille s’en trouve réduite. Ce symptôme est pathognomonique.


L’expression de la forme 1 ou de la forme 2 semble surtout dépendre de la génétique de la colonie.

La mortalité est variable en fonction de la présence et de l’intensité de facteurs aggravants (surdensité, Varroa) et peut être dans certains cas très importante.

Photo : abeille atteinte par la maladie noire :