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Un échange doctoral franco-italien

Dans le cadre de leurs thèses, Maeva Crémilleux  (VetAgro Sup) et Salvatore Raniolo (Université de Padoue) ont eu l’opportunité d’effectuer un échange international au cours de leur doctorat. Cette expérience des plus enrichissantes, a permis aux deux doctorants de partager des connaissances et compétences spécifiques.

Maeva Crémilleux

Salvatore Raniolo

Peux-tu te présenter et nous parler de ton parcours ?

MC : J’ai obtenu mon diplôme d’ingénieur à Nancy, à l’ENSAIA et c’est dans ce cadre que j’ai réalisé mon stage de fin d’étude à VetAgro Sup avec Audrey Michaud, enseignant-chercheur en sciences animales. A la suite de ce stage nous avons décidé de continuer à travailler ensemble, au sein d’un projet portant sur une approche systémique de l’élevage laitier en transition agroécologique. Ayant également travaillé au Réseau CIVAM, il me semble important de s’appuyer sur les innovations du terrain et d’améliorer notre compréhension des systèmes d’élevage alternatifs existants pour favoriser la diffusion de l’agroécologie. 

Can you introduce yourself and tell us about your studies?

SR : I come from Spinea, a town close to Venice, and I studied Environmental science at the University of Padova (bachelor and master’s degree). I am very interested about the interaction between living organisms and environment, so my approach is based on ecological principles. One of my great passions is hiking among the Alps, especially among mountain grasslands. Since my master thesis I have started to study these ecosystems, focusing on the relations between grazers and soil microorganisms. In my opinion, Grazing animals are the largest actors of grasslands but the main actors are microorganisms. Understanding the relationship between these invisible but always present actors (microorganism) and local human management/grazing by animal became the greatest curiosity and the base of my PhD project.

Actuellement tu es doctorante et effectues une thèse, quel en est le sujet ?

MC : Ma thèse porte sur une approche globale de la santé des fermes laitières se revendiquant de l’agroécologie. Nous cherchons à mettre à jour des indicateurs permettant de mesurer les santés du sol, des prairies, des troupeaux et des éleveurs et à identifier des pratiques de gestion permettant de favoriser la santé globale des fermes. Nous nous appuyons sur une approche systémique mobilisant des entretiens pour comprendre le fonctionnement des systèmes, les visions des agriculteurs ainsi qu’un réseau de fermes sur lequel nous réalisons des mesures de santé des différents éléments du système.

What is the topic of your thesis?

SR : My PhD project is focused on grassland ecosystems, in particular on the relations between functional microbial biodiversity of soil and extensive livestock systems, based on summer grazing. I use a molecular approach based on the real-time PCR through specific microbial genes as probes/indicators to study this kind of biodiversity. The selected genes are the bases of enzymes, used to manage the nutrient cycles by microorganisms. I also studied the animal behaviours on the pastures using GPS tracking to understand how livestock animals use the resources of grasslands.

Pour quelles raisons as-tu choisis de réaliser cette mobilité ? Pourquoi en Italie à l’Université de Padoue ?

MC : Mon encadrante de thèse, Audrey Michaud a rencontré le professeur Enrico Sturaro et Salvatore Raniolo à l’Université de Padoue courant 2020. Suite à cet échange, l’idée d’une collaboration a émergé, puisqu’avec Salvatore nous partageons des objets d’étude similaires dans nos thèses. Au sein des fermes italiennes et françaises, nous réalisons donc les mêmes prélèvements de sol et l’Université de Padoue disposant des moyens techniques nécessaires à la réalisation des analyses de génomiques des microorganismes du sol, les analyses sont donc réalisées là-bas.

Why did you choose to do this mobility? Why in France at VetAgro Sup?

SR : My PhD supervisors, Professor Enrico Sturaro, proposed to spend part of my period abroad in VetAgro Sup after a meeting with the Dott. Audrey Michaud in Agripolis during the summer 2020. In that occasion, we talked about a possible collaboration considering my PhD project. I consider working with you in France as a great opportunity for my academic and personal growth. Also, this collaboration is part of European project, Highlands.3 and this aspect improve the internalisation of the experience.

Quel était ton programme en Italie ?

MC : Lors de mon séjour en Italie, j’ai participé à l’échantillonnage des sols et couverts des prairies de différentes fermes alpines et j’ai assisté aux entretiens auprès des éleveurs. J’ai également réalisé une partie des analyses de génomique des microorganismes du sol. 

What was your programme in France?

SR : My program in France was sampling soils of meadow and pastures of 8 farms in the Massif Central region. I did this working with the PhD student Maeva Cremilleux during last April and May.

Une fois sur place, as-tu rencontré des difficultés ?

MC : Je n’ai pas rencontré de difficulté particulière, le personnel de l’université de Padoue et plus particulièrement le département DAFNAE ont été bienveillants et accueillants.

Once you were there, have you met any difficulty ?

SR : I did not have any difficulties, people were gentle and available to support me in all situations.

En quoi cette mobilité a-t’il été bénéfique personnellement ? Et dans le cadre professionnel pour ta recherche ?

MC : Cette expérience m’a permis de découvrir le fonctionnement d’un autre laboratoire, d’un autre groupe de travail et donc d’intégrer des éléments bénéfiques de méthode de travail pour la suite de ma thèse. Les prélèvements sur le terrain ainsi que les enquêtes m’ont notamment permis de mieux connaitre le fonctionnement des systèmes d’élevage italiens. J’ai également pu acquérir de nouvelles connaissances et compétences concernant les analyses de génomiques. Ayant eu la chance de côtoyer un groupe de travail international (des doctorants italiens mais aussi espagnol, américain…) permettant de découvrir d’autres thématiques de recherche et de développer une ouverture personnelle.

How did this mobility benefit your research and personally?

SR : I consider this experience a very important point of my research and personal growth. I met many capable people living in a different reality respect Italy. This experience gave me new ideas in term of research and opened my horizon in term of personality.

Que retiens-tu de cette expérience ? As-tu une anecdote à nous raconter ?

MC : Je garderai en tête les prélèvements, ayant lieu pour certains dans des coins magnifiques des Alpes, les enquêtes auprès d’agriculteurs – malgré mon faible niveau d’italien – qui m’ont permis de mieux comprendre ces systèmes agricoles et les échanges avec les chercheurs et doctorants de DAFNAE. Un grand merci à Enrico Sturaro, Maurizio Ramanzin et l’ensemble des doctorants / postdoctorants pour leur accueil !

What do you retain from this experience? Do you have an anecdote to tell us?

SR : I retain all the samplings, the walks in your beautiful countryside, the kindness and availability of people. One of the best moments was a lunch with the farmer, Maeva e Melody after a sampling and the goodbye lunch in VetAgro Sup. In those moments I felt at home so thank you.

Cet échange a pu se concrétiser grâce au financement de l’Université Clermont Auvergne (UCA) dans le cadre du programme WOW! de l’I-SITE CAP 20-25 – AAP « Mobilité Internationale Sortante ».