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Portrait

Un diplômé distingué par l’Académie d’Agriculture

Diplômé de la formation ingénieur agronome, promotion 2019, Alexis Kremer est lauréat du prix de mémoire de fin d’études de la fondation Xavier-Bernard par l’Académie d’Agriculture. Une haute distinction gage d’une véritable reconnaissance pour le travail d’analyse et de synthèse réalisé par ce jeune diplômé. Partons à la découverte de ce jeune lauréat au crépuscule de son séjour parisien.

Peux-tu nous présenter ton parcours ?

Je viens d’un petit village de Moselle qui s’appelle Velving. Issu d’une famille d’éleveurs laitiers et de technico commerciaux travaillant dans l’élevage, la plupart des gens de ma famille sont dans le milieu agricole, c’est ce qui m’a toujours influencé. C’est pour cela qu’après un baccalauréat scientifique obtenu à Creutzwald, à la limite de la frontière allemande, je me suis orienté vers une prépa “agro-veto” ou BCPST que j’ai faite à Nancy au lycée Henri Poincaré. C’est là que mon parcours s’est orienté vers l’agronomie, qui répondait plus à mes envies. J’ai donc continué par une formation d’ingénieur agronome à VetAgro Sup, dans laquelle je me suis spécialisé dans la nutrition animale notamment par l’option A2E (Adapter l’Elevage aux nouveaux Enjeux) que j’ai choisie en dernière année. C’est ainsi que j’ai été diplômé ingénieur agronome en 2019.

Pourquoi as-tu choisi la formation ingénieur agronome à VetAgro Sup ?

J’ai choisi la formation ingénieur agronome à VetAgro Sup car je voulais avant tout me former sur l’élevage des ruminants et en particulier sur la nutrition animale. L’école était réputée pour cela. De plus, cela m’intéressait de découvrir une nouvelle région que je connaissais peu : l’Auvergne. J’ai bien fait car aujourd’hui je m’y suis installé et je ne veux plus la quitter !

Quel était ta mission en stage de fin d’études ?

La mission de mon stage de fin d’étude se divisait en trois parties :

  1. Sur des vaches canulées, nous avons étudiées directement dans le rumen, les vitesses de dégradation de la matière sèche et de la matière azotée totale de différents foins. Ces foins avaient été réalisés selon différents facteurs de variation : fertilisation, cycle de végétation, stade de végétation, méthode de séchage, composition botanique de la prairie, moment de fauche dans la journée. Nous avons ensuite comparés les différentes cinétiques de dégradation pour comparer l’influence des différents facteurs de variation.
  2. A partir des données obtenues sur ces foins par des mesures in vivo et in sacco, nous avons comparés les prédictions par les modèles INRAE actuels et les résultats mesurés sur les animaux pour étudier statistiquement la précision des équations de prévisions de la valeur alimentaire des foins.
  3. Sur les 32 foins de l’étude, nous avons collecté un grand nombre de données : analyses chimiques, in vivo, in sacco et in vitro. Une étude si poussée sur une base de données si importante étant très rare, nous en avons profité pour étudier statistiquement ces données pour trouver de nouveaux indicateurs à intégrer dans les modèles pour améliorer la prévision de la valeur alimentaire des foins.

Pourquoi as-tu choisi de présenter ton mémoire au prix de mémoire de fin d’études de l’Académie d’Agriculture ?

C’est Eve Balard, responsable de l’option A2E, qui m’a proposé de candidater au prix de la fondation Xavier Bernard de l’Académie d’Agriculture. Je la remercie encore parce que je ne connaissais absolument pas ce concours qui récompense les mémoires de fin d’étude. C’est grâce à elle que j’ai pu obtenir ce prix.

Selon toi, en quoi ce prix est-il une opportunité ?

Ce prix m’a permis tout d’abord d’obtenir une récompense de l’Académie d’Agriculture, institution prestigieuse et très ancienne. C’est honorifique et cela ne récompense pas que mon mémoire, mais toutes les personnes qui m’ont accompagné dans sa réalisation, autant à l’INRAE qu’à VetAgro Sup. De plus, il m’a permis de passer une journée à Paris (le 23/09) avec les académiciens et les différents lauréats des concours, journée qui a été très enrichissante et qui m’a permis de faire de nombreuses rencontres.

Et aujourd’hui, que deviens-tu ?

Aujourd’hui, comme je le disais précédemment, je n’ai pas pu quitter l’Auvergne. Je me suis installé à Pontgibaud et je travaille pour DFP NUTRALIANCE, une entreprise familiale située à côté d’Uzerche en Corrèze et qui fait de la nutrition animale sur le Limousin et les départements voisins. Je suis technico-commercial et j’accompagne des éleveurs laitiers et allaitants sur le secteur du Sancy jusqu’au nord du Cantal en passant par le Cézallier. Je m’épanouis énormément dans ce métier où je profite de paysages magnifiques, d’un travail qui me passionne dans les zones AOP qui nécessitent des réflexions très intéressantes, et d’une entreprise avec de fortes valeurs humaines.

Si tu as quelques choses à rajouter ?

Je suis retourné sur le terrain parce que pour moi c’est là que les éleveurs ont, aujourd’hui dans le contexte actuel, des besoins : sécheresses, volatilité des prix etc. De mon point de vue, il faudra à l’avenir beaucoup plus s’inspirer des éleveurs et de leurs connaissances de leur environnement plutôt que d’essayer de les faire adhérer à des pratiques qui ne leur correspondent pas. Durant mes années d’études à VetAgro Sup, nous avons fait beaucoup de terrain où l’on nous a appris à analyser, comprendre, observer pour ensuite réfléchir avec l’éleveur et non pas imposer le produit d’une réflexion hors sol. Et c’est ce que je retiendrai de l’école car je crois que c’est la bonne méthode.