Emergence d'un Problème Neurologique chez le Bull Terrier

Bienvenue sur notre page Internet dédiée au « Spinning » ou Tournis.

Nous avons ouvert cette page Internet afin de faire connaître un peu plus cette maladie neurologique qui semble se développer dans la population canine, avec une recrudescence des cas notamment dans les races de Bull Terrier et Bull Terrier miniature. Nous voulons créer un espace d'information qui permet d'apporter des réponses aux interrogations et soucis que peut poser cette affection chez un certain nombre de propriétaire.

Nous commençons aussi cette année une étude clinique sur le Spinning visant à mieux connaître la maladie et son traitement, ainsi que son mode de transmission. Vous trouverez les détails concernant notre étude dans notre projet d'étude clinique.

Pour nous joindre, contactez nous sur l'adresse spinning@vetagro-sup.fr

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Sommaire

Le problème

On observe aujourd'hui l'émergence d'une maladie neurologique dans la population canine avec une recrudescence des cas chez les races de Bull Terrier et Bull Terrier miniature : le « Spinning » ou tournis. La forme de « Spinning » observée chez les Bull Terrier est aujourd'hui très préoccupante de part le nombre de chien qu'elle concerne et la gravité des formes que l'on peut rencontrer (certaine menant à des demandes d'euthanasie). Beaucoup de chien présentent des symptômes peu marqués de cette maladie dès l'âge de 4-5mois mais leur évolution vers l'aggravation (augmentation en fréquence et intensité des crises de tournis), conduit le propriétaire à s'inquiéter souvent que vers l'âge de 1 ou 2 ans. Ces derniers ont souvent déjà reproduit.

Une origine génétique de la maladie expliquerait la répartition actuelle de la maladie. En effet, nous retrouvons très souvent plusieurs chiens atteints dans une même famille.

Les symptômes

Le « Spinning » est une affection classée dans les troubles comportementaux compulsifs. Elle se présente typiquement par un animal qui « tourne après sa queue ». Ce comportement peut être confondu, chez le chiot, avec un simple comportement de jeu. Mais, les chiens atteints de cette affection présentent une aggravation des signes avec le temps : le temps passé à « tourner après leur queue » peut remplacer les périodes de sommeil la nuit et gêner leur quotidien (les périodes passées en « crise de Spinning » augmentent en fréquence et en intensité). Toutefois, il semble que certains chiens restent atteints de façon modérée par la maladie.

Chez beaucoup de cas atteints, on peut identifier des facteurs déclenchant ces « crises de Spinning » : la solitude, le stress, un conflit, une excitation particulière, l'impatience, et des conditions favorisantes, en particulier de mauvaises conditions de développement comportemental. Ainsi, nous pouvons avancer le fait que certains facteurs environnementaux peuvent influencer la survenue et le développement de ce comportement de « Spinning ». Toutefois, seul les chiens prédisposés à faire du Spinning (porteur du gène) vont développer la maladie dans ces conditions déclenchantes particulières.

Les crises de « Spinning » seraient, en fait, l'expression d'une forme d'épilepsie partielle (non accompagné d'une perte de conscience) au cours de laquelle une activité électrique anormale se manifeste dans la région du lobe temporal du cerveau (aire du cerveau intervenant dans le comportement). Ainsi certaines « crises de Spinning » peuvent être associées à de l'agressivité qui se déclenche sans raison et/ou des grognements envers une personne ou un objet, des peurs irrationnelles ou encore des troubles de la conscience avec une apparente dissociation de l'environnement (l'animal semble ailleurs, dans son monde..). Un chien atteint de Spinning peut aussi être surpris en train de chasser des « mouches imaginaires », fixer sa gamelle, voir attaquer des objets inanimés. Toutes ces manifestations « comportementales » sont compatibles avec de l'épilepsie partielle. En dehors de ces crises, le chien peut être parfaitement normal mais peut également présenter des troubles du comportement (anxiété, gémissements..).

Enfin, des lésions résultant directement de cette maladie neurologique peuvent apparaître, comme des traces de morsure, des zones d'alopécie sur les flancs, les jarrets et la queue.

La gravité des cas est variable: certains chien peuvent être affectés de façon modérée tandis que d'autre passent la majorité de leur temps en crises de tournis. Des chiots peuvent être atteints dès l'âge de 4-5 mois mais les changements hormonaux à la puberté (6-10 mois d'âge) semblent intervenir dans la survenue ou l'aggravation de cette affection.

Les cas les plus graves peuvent mener à une demande d'euthanasie. C'est pourquoi, la prise en charge thérapeutique est souvent nécessaire.

Le pronostic

Comme nous l'avons déjà évoqué, des chiens peuvent être atteints à des degrés différents de cette maladie neurologique avec des manifestations cliniques qui évoluent plus ou moins rapidement en fonction de l'âge et l'environnement de l'animal. Malheureusement, chez beaucoup de cas qui ne sont pas pris en charge médicalement, les crises de Spinning s'aggravent et conduisent à des demandes d'euthanasies en raison du développement d'une agressivité sans raison ou parce que les crises sont devenues incontrôlables et entravent réellement l'activité du chien au quotidien.

Il faut noter que la pratique d'une anesthésie générale, surtout avec certaines molécules comme la Kétamine, sur ces chiens semble aggraver les symptômes et l'évolution de la maladie.

 Le diagnotic

Si votre chien présente des manifestations « comportementales » anormales comme celles décrites plus haut, il est conseillé de consulter un vétérinaire neurologue. Vous pouvez aussi nous joindre par mail à spinning@vetagro-sup.fr (pour tout renseignement ou témoignage) et participer à notre étude de recherche dirigée par le docteur vétérinaire C. Escriou spécialiste en neurologie à l'ENVL, en remplissant notre questionnaire d'étude téléchargeable sur ce site.

Chez un chien suspect de Spinning, un bilan neurologique complet associé à divers examens complémentaires sont nécessaires afin d'exclure toute autre affection pouvant être responsable des symptômes observés, notamment les causes les plus fréquentes d'épilepsie secondaire comme les troubles métaboliques, les malformations cérébrales, les tumeurs cérébrales.

Le traitement

Aujourd'hui notre approche thérapeutique vis-à-vis de la maladie consiste en l'utilisation de molécules anticonvulsivantes: le phénobarbital et le bromure de potassium, éventuellement associé à de la Sélégiline pour son action anxiolytique.  Cette prise en charge thérapeutique améliore le pronostic, d'autant plus qu'elle est effectuée précocement.

Notre projet d'étude clinique

Aujourd'hui nous voudrions pouvoir réaliser une caractérisation clinique rigoureuse avec une classification des différents stades et différentes forme (gravité) de la maladie, ainsi que son mode d'installation grâce à une étude clinique de cas atteints de Spinning.

Nous commençons donc cette année une étude de recherche clinique dirigée par le Docteur Vétérinaire Catherine Escriou spécialiste en neurologie à l'ENVL assistée de deux étudiantes, Sophie Renier, étudiante vétérinaire en Thèse et Elise Bertet, étudiante vétérinaire en Master de Neurophysiologie, sur cette forme particulière de la maladie qui affecte les Bull Terrier et Bull Terrier miniature. Cette étude est menée en partenariat avec le laboratoire Antagene et le CNRS de Rennes. Elle est mise en place dans le cadre d'un projet d'étude Européen sur la génétique canine (Projet LUPA). Le but de cette étude, outre la caractérisation phénotypique de la maladie, est de démontrer qu'il existe une transmission génétique du Spinning. A plus long terme, le but de cette étude est de mettre au point un test génétique de dépistage de la maladie afin de contrôler son incidence et éventuellement permettre son éradication.

Si vous pensez que votre chien présente les symptômes compatible avec cette maladie, contactez nous par mail à l'adresse :spinning@vetagro-sup.fr, n'hésitez pas à nous faire part des symptômes que présente votre animal et comment vous gérez ceci au quotidien. De plus, des vidéos de chiens en crise nous intéressent particulièrement pour la caractérisation de la maladie. Nous pouvons également vous conseiller pour trouver le vétérinaire neurologue le plus proche de chez vous si vous n'habitez pas près de Lyon.

Les cas "peu atteints" (tournis de quelques minutes par jour ou grognements occasionnels envers leur queue) nous intéressent autant que les cas "très atteints". Si vous avez déjà consulté un vétérinaire pour cette affection, n'hésitez pas à nous transmettre ses coordonnées.

Vous pouvez également télécharger le questionnaire d'étude ainsi que la lettre de consentement éclairé : ils sont à remplir et à renvoyer à l'adresse qui se situe en haut du questionnaire :

Dr Catherine Escriou
Neurologie et troubles du comportement
VetAgro Sup, campus vétérinaire de Lyon
Unité de Médecine 1 avenue Bourgelat, 69280 Marcy l'Etoile

Les chiens qui ne présentent pas du tout de crise de Spinning sont les bienvenus dans notre étude, car nous avons besoin de suffisamment de cas sains.

De plus, comme nous recherchons la composante héréditaire de cette maladie, nous vous demanderons une copie du pedigree de votre chien ainsi que celui de ses parents (si vous les possédés) ; un échantillon de sang sera également demandé à votre vétérinaire pour les analyses génétiques toujours dans le cadre de cette étude.

Enfin, sachez que toutes les informations dont vous pourrez nous faire part resteront confidentielles et ne seront utilisées que dans le cadre de cette étude.

Merci de nous avoir lu.

N'hésitez pas à re-consulter notre site car des mises à jour et des lettres d'informations y sont postées régulièrement.

Sophie Renier et Catherine Escriou