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Etudiants Portrait

Perrine Meunier, comme un poisson dans l’eau

Etudiante en deuxième année du cursus ingénieur agronome, Perrine Meunier bénéficie du statut de sportif de bon niveau. Nous sommes partis à la rencontre de cette jeune femme qui souhaite s’épanouir, sportivement et professionnellement, dans le milieu aquatique…

 
Peux-tu te présenter et nous décrire ton parcours en quelques mots ?

J’ai 21 ans et je suis originaire de Dinan (22). Après le lycée, j’ai suivi une classe préparatoire BCPST, à Rennes, à l’issue de laquelle j’ai intégré la formation ingénieur agronome de VetAgro Sup avec le concours A.

Cela fait 11 ans que je pratique le hockey subaquatique. J’ai commencé cette discipline au club de Dinan et depuis 3 ans je suis au club de Rennes.

Etant étudiante sur le campus agronomique, je m’entraîne aujourd’hui avec le club de Clermont-Ferrand. Avant d’intégrer ce club, je me suis d’abord renseignée puis inscrite en « extérieure ». Je connaissais déjà un peu de monde puisque certains joueurs ont déjà été sélectionnés en équipe de France. Les entraînements sont de très bonne qualité, j’étais donc contente de pouvoir intégrer ce club.

 

Comment as-tu découvert le hockey subaquatique ?

Mon père était au club de plongée de Dinan. Après avoir découvert le hockey subaquatique à Saint-Brieuc avec un copain, ils ont décidé de lancer la section hockey à Dinan. Cinq ans après, une équipe jeune a été créée. Depuis, la section hockey fonctionne bien.

 

Comment se pratique cette discipline ?

La discipline se joue par équipe de 10 : 6 dans l’eau et 4 remplaçantes. Le nombre de remplacements par match n’est pas limité. Sur le terrain, il y a 3 joueuses sur la ligne avant et 3 joueuses sur la ligne arrière. Cela se joue en apnée au fond d’une piscine avec un palet (poids d’environ 1.5 kg) recouvert de plastique pour éviter les blessures. Le jeu oppose une équipe noire et une équipe blanche. Les joueuses sont donc équipées d’un bonnet, noir ou blanc, protégeant les oreilles (comme au water-polo) et d’une crosse (d’environ 30 cm) de la même couleur, d’un masque, d’un tuba, de palmes et d’un gant pour protéger la main tenant la crosse. L’objectif est de faire évoluer collectivement le palet jusqu’au camp adverse et de marquer en amenant le palet dans le but, une rigole en inox au fond du bassin. Comme nous jouons en apnée, la communication est limitée, nous nous connaissons donc très bien et il est primordial de respecter nos placements. C’est un sport de contact, mais certains gestes sont pénalisés : en cas de faute (tir dangereux, arrêt du palet avec une partie du corps, palet poussé avec le gant…), un des trois arbitres aquatiques signale la faute à l’arbitre de surface qui arrête le jeu à l’aide d’un signal sonore. Si la faute est importante, la joueuse impliquée peut avoir 1, 2 ou 5 minutes de pénalité, laissant son équipe en infériorité numérique.

 

Est-ce difficile d’allier les études avec le sport de haut niveau ?

J’ai commencé le haut niveau avec l’équipe de France en 2015. Il faut bien savoir s’organiser pour caler les entraînements et les révisions mais globalement cela se passe bien. Je m’entraîne quasiment tous les jours, 6/7 : 3 entrainements de hockey, 2 entraînement de musculation et 2 de course. J’ai la chance de compter sur le soutien d’Alain Carpentier et je tiens vraiment à le remercier pour son aide.

Cette année, je fais la sélection élite pour le championnat du monde qui se déroulera en Australie cet été, à la même période où je dois réaliser mon stage pré-optionnel. Une période à l’international étant obligatoire pour l’obtention du diplôme, j’effectue mes recherches de stage en priorité en Australie. Cela me permettrait d’allier les deux, sans pour autant faire le tour du monde en moins de 2 semaines.

 

Avez-vous décroché des titres avec l’équipe de France ?

Mon premier championnat du monde, en 2015, on a terminé 3e. C’était la première fois que la France présentait une équipe féminine (U19) en hockey subaquatique au championnat du monde, nous étions donc très satisfaites de ce podium ! En Australie, en 2017, le championnat du monde (U24) s’est avéré plus difficile notamment avec le changement de catégorie. On a terminé 5e au classement final.

En 2019, nous nous sommes bien préparées avec ma catégorie pour les mondiaux (U24). On est allées jusqu’en finale où nous avons perdu 3-1 contre La Nouvelle-Zélande. Mais on très fières de notre palmarès ! Et avec l’équipe de France élite (adulte), ma première sélection dans cette catégorie, on a décroché le titre de Championne d’Europe 2019.

 

Quels sont tes projets ?

J’ai demandé à suivre la spécialisation sciences halieutique et aquacoles de Rennes. Dans l’idéal, j’aimerai travailler dans la production et la transformation des algues, microalgues ou macro-algues (côtes bretonnes). Concernant la pratique sportive, j’espère pouvoir continuer les sélections au moins jusqu’à mes 30-35 ans tout en alliant un poste de cadre comme certaines de mes co-équipières.